Brigitte Barèges (UMP) : « Et pourquoi pas des unions avec des animaux? »

09/06/2011

Le 25 mai 2011, la commission des Lois de l’Assemblée nationale a examiné à huis clos une proposition socialiste pour « ouvrir le mariage aux couples de même sexe ». Cette réunion d’étude a visiblement été le moment pour la députée UMP Brigitte Barèges, membre du collectif La Droite populaire, de faire connaître son opposition à cette progression. Dans des termes on-ne-peut-plus-douteux : « Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? Ou la polygamie ». Face aux protestations d’élus de gauche pendant le débat, B. Barèges s’est alors déclarée « favorable à tous types de relations sexuelles entre adultes consentants » et invoqua la plaisanterie. Sur proposition de Jean-Luc Warsmann (1) (UMP), présidant cette commission, les propos ont été retirés du compte-rendu de la réunion. Plusieurs députés scandalisés dont Bruno Le Roux (PS) et George Pau-Langevin (PS) ont alors relayé l’information auprès de l’AFP.

Le « point de bétail » qui revient au galop

«Depuis quelques années, l’UMP laisse nombre de ses parlementaires tenir des propos mettant en cause les personnes LGBT (lesbienne, gay, bi et transsexuelle) à l’image de Christian Vanneste (2) qui n’a jamais été sanctionné par son parti pour avoir notamment estimé que les homosexuels étaient inférieurs aux hétérosexuels », précise Jean-Luc Romero, conseiller régional PS d’Ile-de-France, et président de l’association Elus Locaux Contre le Sida. « Dans un grand élan de vulgarité et de bêtise, Brigitte Barèges a comparé le mariage des personnes de même sexe à une union entre animaux et l’a assimilé à la polygamie. Nous voilà revenus aux dérapages des débats sur le Pacs de 98. Mme Barèges, inconnue des Français, recherche sans doute la publicité », note Christophe Girard, adjoint au maire de Paris. « Les déclarations de Brigitte Barèges illustrent bien toute la subtilité et la délicatesse dont elle est capable », s’exclame Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche (PRG). « Ce sont des propos honteux, ignobles, que je condamne fermement », avait affirmé le député UMP Franck Riester, tandis que Jean-François Copé exprimait une sorte de blâme pour « ces propos inacceptables » qui « ne sont évidemment en rien le reflet d’une quelconque position de l’UMP ». Tout en prenant acte des excuses formulées par la députée-maire de Montauban, dont les propos « animaliers » évoquent les élucubrations de Dominique Dord (3), alors député Démocratie libérale en 1998 qui proposait de signer les Pacs dans « les services vétérinaires ».

Une « vaine polémique »

Dans un long communiqué (4), Barèges argue avoir « posé la question de la pertinence d’adapter systématiquement la loi et les institutions à l’évolution des mœurs » et aurait « poursuivi son raisonnement par l’absurde en se demandant s’il faudrait aussi institutionnaliser un jour le mariage avec les animaux ». Ainsi « Brigitte Barèges regrette néanmoins que cet échange serve de contre-feu aux députés socialistes pour détourner l’attention des déchirements qui traversent leur parti et des pérégrinations judiciaires de leur ex-futur héraut (…) La députée conteste fermement que ses propos « maladroits » soient homophobes. Et comme le font maintenant tous ceux qui tiennent des propos pouvant leur causer du tort, elle « souhaite s’excuser auprès de ceux qu’ils auraient pu blesser car telle n’était pas son intention ».
Brigitte Barèges dépeint enfin « cette vaine polémique » comme un élément à charge contre son soutien à l’appel antisexiste où la députée UMP s’adressa « aux députés socialistes leur silence coupable la semaine dernière au plus fort de l’affaire DSK pour défendre la cause des femmes ». L’UMP Etienne Blanc a pour sa part conclue qu’ «avec le Pacs, de nouveaux droits ont été consentis » aux homosexuel(le)s et qu’« ils répondent suffisamment aux besoins ».

In fine, la proposition de loi PS relative au mariage homosexuel étudiée lors de cette réunion a été rejetée par la commission des Lois. Le texte sera néanmoins évalué en séance publique le 6 juin prochain.

Barèges, la « gauloiserie » à géométrie variable et la droite populaire

Membre du courant La Droite Populaire lancé en juillet 2010 et incarné par Laurent Wauquiez, Brigitte Barèges est une avocate de formation qui aime à dénoncer « le politiquement correct » (5). Au sujet du sexisme ambiant en France, elle déplorait « que les mentalités n’aient pas évolué » concernant les affaires d’agressions sexuelles et pointait « cette culture gauloise, certainement responsable du fait qu’encore aujourd’hui, les femmes se sentent culpabilisées». Aussi remarquera-t-on récemment combien la « tentation gauloise» ne l’a pas épargnée, elle aussi, dans ses représentations sociales.

La député-maire de Montauban et les 43 autres députés membres du collectif « La Droite Populaire » comptent repositionner l’UMP à droite contre ce qu’ils estiment être une dérive vers le centre-gauche et ambitionnent de réactiver de manière décomplexée les valeurs de droite : l’ordre, la sécurité, le nationalisme, la politique familiale, la liberté d’entreprise, la rigueur budgétaire. Et d’apporter un soutien sans faille au Président de la République et à sa campagne de 2007 de maintes manières (6), dont l’action parlementaire est privilégiée à coups d’amendements des plus droitiers. Pour exemples, deux projets de loi ont été proposés par La Droite Populaire dans la discussion actuelle sur « Immigration, intégration et nationalité » : pour supprimer l’automaticité de la naturalisation des jeunes étrangers astreints à une demande écrite d’une part, pour mettre en place une sorte d’examen portant sur la France pour les candidats à la naturalisation d’autre part. Des suggestions refusées par le Sénat, ce qui ne décourage pas le collectif de penser répondre aux aspirations de français en attente de résultats et de poursuivre ses opérations sur d’autres thèmes.

Nathalie Szuchendler

(1) Jean-Luc Warsmann , rapporteur d’un amendement proposé par J.P Garraud (UMP)à l’Assemblée nationale en novembre 2003, portant sur un « délit » d’interruption de grossesse provoquée par une maladresse, une imprudence, une inattention, une négligence ou un manquement à une obligation de sécurité. Punissable d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

In http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2003/11/28/56-garaud-veut-creer-un-delit-dinterruption-involontaire-de-grossesse


(2) Les propos du député Vanneste qualifiés par cette cour de “litigieux” pendant les débats et le vote de la loi du 30 décembre 2004, ne seront pas considérés comme un délit homophobe. Ainsi que ses déclarations au journal local « La Voix du Nord » selon lesquelles “l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité (…) S’ils étaient représentants d’un syndicat, je les recevrais volontiers. Mais là ils ne représentent rien”. SOS homophobie, ACT-UP Paris et le S.N.E.G., constitués en partie civile, avaient fait citer Vanneste en avril 2005 devant le Tribunal correctionnel de Lille pour injures homophobes. Condamné en janvier 2006 à 3.000 euros d’amende et à 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS-Homophobie, Act-Up Paris et au Syndicat national des entreprises gays (S.N.E.G.), C. Vanneste s’était pourvu en cassation après la décision prise par la cour de rejeter l’appel, considérant qu’ “un parlementaire est investi d’une parcelle de la souveraineté nationale” et que “sa liberté d’expression est une condition de la démocratie et de l’Etat de droit”. Aujourd’hui, il qualifie les associations de défense des homosexuels de “fascistes” et pointe le caractère “philosophique” de son “point de vue”. Or au nom de la liberté d’expression, c’est l’ensemble de la procédure qui est balayée et l’atteinte à la dignité des homosexuels qui est ainsi permise. Mais pour le député U.M.P., “cela prouve que nous sommes en France, la patrie de Voltaire, où on peut exprimer ses idées sans avoir sur le dos un lobby harcelant et une justice mal informée”.

“Le respect du principe fondamental de la liberté d’expression tel qu’il est défini par l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme ne saurait en aucune manière justifier une atteinte intolérable à la dignité de la personne des homosexuel/les” indique Me Mecary, avocate des trois associations parties civiles. “Nous ne pouvons que déplorer l’analyse de la Cour de cassation qui ne paraît pas conforme à l’esprit de la loi du 30 décembre 2004 permettant la poursuite des injures homophobes”.

In http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/11/13/2094-le-depute-homophobe-vanneste-disculpe-en-cassation

Voir:

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/01/16/1884-sarkozy-absout-le-depute-integriste-et-homophobe-vanneste

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/?q=vanneste

Christian Vanneste est aussi l’un des rares représentants UMP à émettre un avis favorable aux accords électoraux avec le FN.

In http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/10/28/jerome-fourquet-ifop-on-est-revenu-au-niveau-des-tres-hautes-eaux-du-fn/


(3) du groupe parlementaire « Osez la famille » dans les années 1998.

– Dans une tribune du Figaro (10/9/98) intitulée « PaCS : un mauvais projet », Dominique Dord ne badine pas avec l’amour : «Si le PaCS était instauré au nom de l’égalité entre les citoyens, il deviendrait alors très vite impossible, incohérent, voire illégal de refuser aux contractants d’un PaCS la possibilité d’accueillir et d’élever des enfants (…) On sacrifierait alors le droit de l’enfant au profit d’un droit à l’enfant, comme si nous ne mesurions pas tous les jours les dégâts causés, chez de nombreux pré et post-adolescents, par l’absence d’image du père ou par la désintégration des familles. Dans un siècle où tout devient possible, même les choix les plus déraisonnables, ne jouons pas les apprentis sorciers ; ne déstabilisons pas les principes fondamentaux du développement social et les symboles les plus forts de notre civilisation».

In http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2002/01/02/680-dominique-dord

– D. Dord est l’un des 280 parlementaires qui ont signé le Manifeste contre l’homoparentalité en avril 2006, dit « Manifeste parlementaire pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère ».

In http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/04/18/478-280-parlementaires-opposes-a-lhomoparentalite


(4) http://www.brigittebareges.com/Actualite/2791/Propos_sur_le_mariage_homosexuel___Brigitte_Bareges_s_explique.html


(5) « Jusqu’à quand le politiquement correct ? » « C’est ainsi que la semaine dernière, sous la pression centriste, nous avons été contraints de renoncer à une des mesures du projet de loi sur l’immigration prévoyant la déchéance de la nationalité française pour les assassins de policiers ».

In http://www.brigittebareges.com/Actualite/2763/Jusqu_a_quand_le_politiquement_correct_.html?th=44


(6) T. Mariani : “avec les valeurs de 2007, Sarkozy gagnera 2012“

In http://ladroitepopulaire.com/demo/wp-content/uploads/Paris-Match-1-06-2011.pdf

Mariani a voté contre le PaCs, a voté contre la réforme de l’IVG et de la contraception du 05/12/2000. Lors du premier tour des élections présidentielles 2002, il conseille à ses élus de soutenir Nicolas Miguet, ancien proche de Jean-Marie Le Pen, dans sa quête des 500 signatures.

In http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2002/01/02/660-thierry-mariani

Mariani et l’amendement sur les statistiques ethniques : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/17/1830-les-statistiques-ethniques-auraient-fait-reculer-la-lutte-antiraciste

Nathalie Szuchendler
Article Nath Szuchendler consultable in 
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2011/06/09/2336-brigitte-bareges-ump-et-pourquoi-pas-des-unions-avec-des-animaux

Inde : la Cour suprême partage un lieu sacré en trois parties

11/10/2010

La Haute Cour d’Allahabad (Uttar Pradesh, nord de l’Inde) s’est prononcée ce jeudi 30 septembre 2010 pour le partage du site sacré d’Ayodhya que se disputent hindous et musulmans depuis soixante ans. Le sanctuaire, situé à 550km à l’est de New Delhi, est en effet à l’origine de sanglants affrontements interconfessionnels en Inde.

Un sanctuaire contesté

L’argument avancé par des nationalistes hindous : la mosquée avait été construite par l’empereur moghol Babur en 1528 sur le lieu de naissance du dieu Rama, l’une des principales divinités du panthéon hindouiste, et sur les ruines d’un temple hindou rasé pour l’occasion par l’envahisseur musulman. Le conflit grandit en 1949 lorsque des statues de Rama avaient été érigées dans la mosquée tandis que des hindouistes réclamaient le droit d’y prier à l’intérieur. Les habitants musulmans du pays menèrent alors l’affaire devant les tribunaux, en vain.

En 1992, la mosquée Babri Masjid fut détruite par des fondamentalistes hindouistes. Des heurts inter-religieux avaient fait alors plus de 2 000 morts dans tout le pays. Parmi les groupes extrémistes hindous, le Bharatiya Janata Party (BJP) joua la carte du nationalisme dans la querelle et arrivera au pouvoir en 1998.

A Ayodhya en 2002, un millier d’indiens avait trouvé la mort dans le seul Etat du Gujarat. Les faits : le 27 février 2002, 58 personnes périrent dans l’incendie d’un train au Gujarat. Le Sabarmati Express ramenait des activistes d’extrême-droite hindous appelés Kar Sevaks (les serviteurs) revenant d’Ayodhya afin de reconstruire le temple de Rama sur les ruines de la Mosquée Babur. Dans les semaines qui suivirent, entre 800 et 2000 personnes périrent au Gujarat dans l’une des altercations inter-communautaires les plus meurtrières du pays.

La décision de la cour partage en tiers

Dans son jugement, la haute cour d’Allahabad a octroyé un tiers à la communauté hindoue, un autre à la communauté musulmane, et le dernier à l’organisation hindoue Nirmohi Akhara. Elle a ainsi estimé qu’un tiers du site de 25 hectares devait être contrôlé par la communauté musulmane, celle-ci pouvant reconstruire une mosquée. La communauté hindoue se voit, elle, confier le contrôle de la partie du site abritant un temple hindou de fortune érigé sur les ruines de la mosquée. Les avocats des parties ont annoncé leur intention de faire appel devant la Cour d’ici trois mois.

Malgré les quelques 200 000 membres des forces paramilitaires et policières déployés dans l’Uttar Pradesh, en prévision d’éventuels débordements à l’annonce du verdict, la décision du tribunal n’a pas déclenché de nouvelles violences. Au vue de la lourdeur du dossier, les juges semblent dans une volonté de désamorçage.

Nathalie Szuchendler

Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iYncW10E-XbViiGS6HUkFhilw4Nw?docId=CNG.aad31bdfb2fe264a186e10286f36a731.1141

Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2010/10/03/2310-inde-la-cour-supreme-partage-un-lieu-sacre-

Dossier : mères porteuses, le débat

29/03/2010

A travers la problématique appelée la “gestation pour autrui” se nouent d’intenses débats auxquels plusieurs institutions sont mises à contribution. Le Sénat, l’Académie nationale de médecine, le Comité national consultatif d’éthique et la Cour de cassation doivent en effet donner leur appréciation sur une possible légalisation de la “maternité de substitution”. Placée au cœur de la révision périodique de la loi sur la bioéthique, cette question est d’autant plus débattue qu’elle pose le problème de la maternité et de la filiation en termes nouveaux, au moins du point de vue de la légalité. La pratique des “mères porteuses” interdite en France est de fait utilisée par nombre de couples qui, face à un problème biologique ou d’infertilité, recherchent une mère de substitution. Si les arrangements entre les différents acteurs ne dépassent pas le domaine du privé, la reconnaissance en “maternité”, elle, n’est pas officiellement reconnue à la mère “non porteuse”.

D’après un sondage de l’Agence de bio médecine, 53% des français seraient favorables à la légalisation de cette pratique. Ce n’est pas la position du Conseil d’Etat qui s’y est opposé le 06 mai 2009, tout en préconisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires ainsi que la levée partielle de l’anonymat des dons de gamètes (…)

La suite dans la revue ProChoix, n° 48,  juin 2009   

Pour commander la revue :   http://www.prochoix.org/         

ou en téléchargement :   Mères_porteuses_le_débat

                                                             dossier Nath Szuchendler   

Le racisme n’est pas une opinion. Arrêtez ce débat, Monsieur le Président ! (SOS Racisme)

22/12/2009

Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au « mieux » stigmatisante, au pire raciste.

Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde. En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des « jeunes de banlieue », obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes : voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du « peuple dont l’expression est légitime ». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.

Pour signer la pétition :

http://www.arretezcedebat.com/#

Espagne : Le droit à l’avortement en évolution malgré la controverse

22/12/2009

Le Parlement a adopté ce jeudi 17 décembre par 185 voix contre 158 le projet de loi qui permettra aux femmes espagnoles une meilleure maîtrise de la maternité. Le texte approuvé par le gouvernement socialiste Zapatero avait fait l’objet d’une contestation en Espagne. Révisant la loi de 1985, il prévoit notamment une libération totale de l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à 14 semaines. L’Espagne était encore l’un des pays européens les moins libéraux en ce qui concerne les droits reproductifs, puisqu’il n’autorisait l’avortement qu’en cas de viol (jusqu’à 12 semaines), de malformation du fœtus (22 semaines) ou « de danger pour la santé physique ou psychique de la mère ». Plus de 90 % des Espagnoles invoquaient cette dernière clause pour pouvoir interrompre leur grossesse.  Il aligne ainsi sa législation sur la plupart des règles en vigueur en Europe qui permet un délai de 12 semaines voire plus dans certains cas. La polémique se situerait actuellement dans la permission faite aux adolescentes de 16 et 17 ans de pouvoir avorter librement sans avertir leurs parents.

Un texte décrié par les prolife 

Au mois de mai 2009, le gouvernement avait présenté  en Conseil des ministres un projet porté par la ministre de l’Egalité Bibiana Aido. Ce texte « donne plus de garanties, il est plus équilibré, plus moderne et nous rapproche plus de l’Europe » avait-elle précisé. Il envisage  de rendre l’avortement totalement libre jusqu’à la 14e semaine de grossesse et sous conditions jusqu’à la 22e semaine – risque pour la santé de la mère, malformation du fœtus. Les femmes pourront également avorter si des anomalies sont décelées sur le fœtus après la 22e semaine et attestent d’une maladie extrêmement grave et incurable.

Contre le projet Aido, quelques 120 000 participants  « pro-vita » guidés par les mouvements catholiques et la droite avaient déjà cheminé sur Madrid. « Le 17 octobre à Madrid retentira la clameur de toute l’Espagne pour défendre les plus innocents et les plus vulnérables, les enfants dans le ventre de leur mère », avait affirmé l’organisation Derecho a Vivir (Droit à Vivre). Une précédente manifestation avait déjà eu lieu fin mars, réunissant à Madrid des milliers de personnes pour le « droit à la vie ».

Opinions croisées contre les droits féminins 

Dans une Espagne très catholique, les « pro-vita » s’était rassemblé en masse imposante contre l’ensemble du projet et s’accordaient avec une partie de l’électorat de gauche pour décrier la possibilité qui est donnée aux filles de 16 à 18 ans de recourir à un IVG sans l’accord obligatoire des parents. Tous les moyens étant mis en œuvre, des associations provies ont été jusqu’à réaliser et faire diffuser des spots télévisés mettant en scène des exécutions d’enfants.

L’agence Fides les avait relayés en citant  « un sondage réalisé par Sigma 2 et présenté par la Plateforme ‘Droit de Vivre’ « , selon lequel cette « loi est refusée par une nette majorité des citoyens ». « L’étude de Sigma 2, avec une erreur possible de 3,16%, démontre qu’il n’existe pas de demande sociale pour cette réforme, refusée par la majorité des citoyens ; elle indique aussi que l’initiative suscite un fort refus parmi les femmes, alors qu’elle trouve l’appui des hommes, allant ainsi à l’encontre de la propagande gouvernementale qui veut en faire une loi au bénéfice des femmes » soulignait l’agence vaticane.

 Mardi 22 décembre 2009

Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/12/22/2247-espagne-le-droit-a-l-avortement-en-evolution-malgre-la-controverse

Un assaillant de clinique nommé directeur d’un établissement psychiatrique

17/12/2009

Le ministère de la Santé a désigné, dans la semaine du 8 décembre, Xavier Dousseau en tant que directeur de l’Établissement public de santé mentale de la Marne (EPSMM) pour succéder à Claude Haudier. La nomination doit prendre effet le 1er janvier 2010 et inquiète l’ensemble des salariés marnais au vue du passé judiciaire et anti-déontologique de leur futur manager.

Enchaîné dans une salle d’intervention
Le 16 octobre 1995, X. Dousseau et neuf membres d’un commando anti avortement s’enchaînaient dans une salle d’intervention de l’hôpital de Valencienne où il exerçait les fonctions de directeur des ressources humaines. Le tribunal correctionnel de la ville avait alors condamné le 15 janvier 1996 ce directeur adjoint à dix-huit mois de prison, dont neuf mois fermes, et à 20.000 francs d’amende. Parmi les fanatiques de son groupuscule, quatre prévenus ont été condamnés à dix-huit mois de prison, dont six fermes, et à 20.000 francs d’amende, cinq autres à dix-huit mois de prison avec sursis et à 10.000 francs d’amende. Les condamnés devaient aussi verser solidairement 100.000 francs de dommages et intérêts à l’Union des femmes françaises (UFF) et 10.000 francs à la Confédération du mouvement français du planning familial, qui s’étaient portées parties civiles. On Notera que le directeur du centre hospitalier, Philippe Domy, qui avait porté plainte contre son adjoint et l’ensemble du commando, ne s’était pas porté partie civile. Quant au procureur de la République, Eric de Montgolfier, il n’avait commandé qu’une sanction administrative contre le leader Dousseau. Les procédés de Dousseau et ses acolytes étaient réglés. Le chef ouvrait la marche puis le groupe accompagné d’un photographe de l’agence Gamma le rejoignait et pénètrait dans la salle d’intervention du service. Tout ce petit monde s’était attaché les uns-les autres à l’aide d’antivol de moto autour du cou. La police fera place aux pompiers pour les sortir de la salle, les clés ayant disparu et les serrures écrasé. Parmi les neuf délinquants, on compta le beau-frère de Dousseau et un prêtre du diocèse de Lyon. Le premier, Emmanuel Cousin, était ingénieur et impliqué dans une échauffourée semblable trois mois auparavant et le père Matteo Logioco, 29 ans, avait déjà été condamné à deux reprises pour la même raison. Quant aux autres militants anti avortement, quatre femmes et trois hommes, ils étaient de statut social différencié : interne, étudiants (médecine, théologie, musique), plâtrier, demandeur d’emploi, mère de famille.

Une “objection de conscience” anti-avortement
“Je réclame, pour les personnels hospitaliers, le même droit à l’objection de conscience que pour les médecins “ expliquait le leader ex-membre du Pain de vie, une communauté caritative inspirée du père de Foucauld. Dans ses diverses activités associatives, il distribuait régulièrement des tracts contre l’avortement. Professionnellement, il s’était fermement indigné lorsque le centre IVG avait été rattaché au service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital et s’était opposé à la demande de crédit pour l’achat d’un appareil d’échographie. Il préférait proposer les services d’associations se consacrant aux enfants abandonnés, conseils qu’il prodiguait depuis 1986 alors qu’il était en poste à Epinal jusqu’en 1993. A cette époque, il s’activait dans l’association Mère de miséricorde, elle-même liée aux Béatitudes qui gèrent des centres d’accueil pour futures mères en difficulté. Dousseau était aussi en contact avec un “groupe de soutien juridique“ dirigé par l’ancienne présidente de La Trêve de Dieu, Claire Fontana, qui se distingua en s’enchaînant dans un centre d’IVG tourangeau en 1993. « Mon client a choisi de franchir la barrière de la légalité pour rejoindre la justice, car il pense que la loi Veil est contraire à la justice » déclara pour sa défense l’avocat de Dousseau, Alexandre Varault. Puisque “La loi Veil a été votée sous la pression du Planning familial, qui faisait des avortements illégaux. C’est ce dernier qui a agi le premier contre la loi“…

Béatitudes et Renouveau charismatique
D’après le Rapport de l’UNADFI sur les Béatitudes (2002), la communauté des Béatitudes compte 1450 membres répartis dans 24 diocèses en France et à l’étranger. Son statut d’association de fidèles n’a pas de reconnaissance pontificale, tandis qu’elle propose retraite et accompagnement psycho-spirituel dans ses entreprises de formation. Ses maisons d’édition publient ouvrages, revues, cassettes, et son institution fait fonction de séminaire et de foyer artistique. Quant au Renouveau charismatique dont les Béatitudes font parti, il se veut comme un retour vers le rôle de l’Esprit Saint dans la vie de chacun et dans les communautés chrétiennes, comme au temps des premiers chrétiens mais soutenu par une liturgie exaltante et communicative. Les Béatitudes, elles, se revendiquent « à l’image de la communauté primitive: partage des biens, pauvreté volontaire, vie sacramentelle et liturgique intense, évangélisation, ouverture aux charismes… ».

Des interrogations légitimes
Condamné en première instance à 18 mois de prison dont 9 avec sursis et 3 000 € d’amende, Dousseau a vu sa peine réduite 18 mois avec sursis en appel. Après deux années en Afrique, il a passé dix ans en tant que gestionnaire de l’hôpital psychiatrique de Saint-Dizier (550 salariés) avant cette nomination récente. Outre les personnels du EPSMM, Danielle Bousquet (PS), vice-présidente et députée des Côtes d’Armor, s’inquiète de la nomination de Xavier Dousseau, qui « doit être effective au 1er janvier » et qui « envoie un très mauvais signal à tous ceux et toutes celles qui se battent encore aujourd’hui sur le terrain pour la défense du droit à l’avortement ». D. Bousquet exhorte Roselyne Bachelot à demander « formellement à l’intéressé de s’engager expressément à renoncer à tout prosélytisme anti-avortement dans le cadre de ses fonctions et à l’extérieur, et à reconnaître ce droit irréfragable et irrépressible », faute de quoi « sa nomination devrait être annulée ». « Comment est-il possible qu’un membre de commando, condamné par la justice pour ses actions anti-IVG, se voit confier la direction d’un hôpital psychiatrique ? » s’étonne Marie-George Buffet. « Au moment même où de lourdes incertitudes pèsent sur l’existence de certains centres IVG à Paris et dans toute la France, Mme Bachelot, en faisant les yeux doux à cet activiste anti-avortement, considère-telle que ces actions ne sont pas graves ? »

Nathalie Szuchendler

Voir :

Les Marchands d’âmes. Enquête au coeur des Béatitudes
Béatitudes : Une secte au sein de l’Eglise catholique ?
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/?q=+anti+avortement
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2001/06/01/112-prochoix-n-18-ete-2001

jeudi 17 décembre 2009

Article Nath szuchendler consultable in http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/12/17/2244-un-assaillant-de-clinique-nomme-directeur-dun-etablissement-psychiatrique

Mix & Remix contre les xénophobes

11/12/2009

  

Le dessinateur suisse Philippe Becquelin, bien connu de nos internautes sous le pseudonyme de Mix & Remix, a été la cible d’une tentative de censure de la part du populiste Christoph Blocher, chef de l’Union démocratique du centre (UDC) et ministre de la Justice dans le gouvernement de la Confédération helvétique. Invité sur le plateau de l’émission Infrarouge, à la Télévision suisse romande, Blocher était « plutôt satisfait de sa prestation », raconte Le Temps de Genève. « Jusqu’à ce que sa femme s’en mêle. Silvia Blocher n’a pas apprécié les dessins de Mix & Remix venus se superposer sur les images de son mari. » Le dessinateur participe en effet régulièrement à cette émission, dans laquelle il croque les invités. Résultat : « Christoph Blocher, qui avait déjà soigneusement négocié les modalités du débat, a voulu empêcher la diffusion de l’émission. Mais la Télévision suisse romande n’a pas cédé aux menaces », poursuit le quotidien. La presse romande a largement commenté l’affaire, considérée comme une atteinte à la liberté d’expression.

Source : cartoons.courrierinternational

Blasphème : Catholic League v/s association de défense animale

10/12/2009

La dernière campagne publicitaire de l’association People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a défrayé la chronique le 01er décembre 2009. Son affiche : le mannequin Joanna Krupa apparait avec des ailes angéliques et comme toute créature digne de ce nom, le chérubin se présente dénudé. Seul un crucifix lui sert de vêtement.

Une affiche démoniaque
PETA ne cache pas sa préférence pour les célébrités « à poils » (1) plutôt qu’en vêtements parés de peaux de bêtes, même si un ange passe depuis la venue de J. Krupa dans la lutte pour la défense des animaux. En ce mois de décembre, PETA entend frapper fort dans sa communication avec un public visiblement avide de cadeaux en tout genre. « Adoptez, n’achetez pas » dit la défenderesse en tenue de Eve harnachée d’une croix. Il n’en fallait pas moins pour choquer les organisations catholiques américaines. « C’est totalement inapproprié et un manque de respect total pour le christianisme et du genre d’abus qui ne serait jamais arrivé avec n’importe quelle autre grande religion, parce que le tollé serait immédiat » proclame Deal Hudson, responsable du site InsideCatholic.com. Bill Donohue, président de la Ligue catholique américaine, complète : « PETA est une arnaque qui a une longue tradition d’exploiter les thèmes chrétiens et juifs pour servir son agenda ». Cette image n’a rien à envier aux bandes-dessinées mais la Catholic League l’a promue au rang de publicité sulfureuse. L’association catholique la plus puissante des USA n’en est pas à sa première charge.

La Catholic League entend censurer tout azimut
Créée en 1973 par un jésuite conservateur, le père Virgil Blum, la Catholic League for Religious and Civil Rights défend « le droit des catholiques à participer à la vie publique américaine « , ses cadres oeuvrant aussi pour le Parti républicain dont ils peuvent être responsables. William Donohue était lui-même conseiller dans l’administration George Bush Senior avant de prendre la présidence de l’association en 1993. Il avait travaillé aussi pour un think tank conservateur, Heritage Foundation, où se croisent des membres de mouvement nostalgiques du Troisième Reich comme Roger Prearson, des activistes de la World Anti-Communist League et de nombreux candidats républicains recevant des financements pour leur campagne contre une formation dans la H.F. La Catholic League, passant de 11 000 en 1993 à 350 000 en 1998, est représentée dans 12 états nord-américains. Ses agissements se sont médiatisés lorsqu’elle se lança financièrement et techniquement dans la campagne de protestation contre La Dernière tentation du Christ. Le jour de sa sortie en salle, pas moins de 25 000 manifestants s’étaient rassemblés devant les studios de Los Angeles. La campagne de boycott organisée par la League et la droite religieuse américaine fut épaulée par l’ensemble des médias, soit entre autres plus de 1 200 radios californiennes. (2)

Corpus Christi entre censure et fatwa
La pièce Corpus Christi dont est tiré le film avait subit aussi des protestations liguées, W. Donohue trouvait que si l’auteur a « légalement le droit d’insulter les chrétiens, il n’a pas moralement le droit de le faire. » Parce que Terence Mac Nally est gay et qu’il mit en scène un Jésus entretenant des relations homosexuelles avec ses disciples, les représentations de sa pièce avaient donc été annulées sous les actions de la League. Ce malgré le soutien de multiples défenseurs de la liberté d’expression et le fait qu’aucun membre officiel de l’Eglise catholique ne pris part à cette campagne. Au total, ce sont 2 000 manifestants qui s’étaient réunis contre la pièce alors que ses alliés n’en comptaient que 300. En 1999, Corpus Christi rejoignit à Londres où le Tribunal de la Sharia (Shariah court of the UK), conduit par le Cheikh Omar Bakri Muhammad, avait émis une fatwa contre McNally. (3) Le crime dont l’auteur s’était rendu coupable : insulte à un messager de Dieu. L’exécution de la sentence restant de la responsabilité d’un Etat islamique, donc impossible à réaliser en Angleterre. Bien que Jésus soit un prophète de l’islam, le fondamentaliste musulman vint ainsi au secours du christianisme et ses tenants intégristes catholiques contre un ennemi commun symbolisé par T. Mac Nally : l’homosexualité.

Le blasphème ressuscité
En 1995, c’est le film Priest de Antonia Bird qui fut l’objet des foudres de la Ligue Catholique. Le sujet : un jeune prêtre affecté dans une paroisse de Liverpool, découvre que son confrère vit ouvertement avec une femme. Lui-même se révèle après une nuit avec un homme et ses convictions chancèlent lorsqu’il apprend au détour d’une confession qu’un père abuse de sa fille. La Catholic League jeta aussi son dévolu sur Armistead Maupin, l’auteur des Chroniques de San Francisco, qui fut sommé de fournir des excuses. En 2004, le roman Da Vinci Code fut la cible des zélotes catholiques, dont la League de nouveau au gouvernail et Dan Brown accusé de falsifier l’histoire du Christ et de la foi catholique. La trame de ce thriller est nouée autour du mariage supposé entre Jésus et Marie-Madeleine et de leurs enfants. La présence sectaire de l’Opus Dei dans le roman vendu à des millions d’exemplaires en différentes langues n’est pas faite pour flatter le Vatican qui, en 2005, s’est exprimée par la voix du cardinal-archevêque de Gênes et bras droit du Cardinal Ratzinger, Tarcisio Bertone. Celui-ci dénonça le caractère diffamatoire du roman et décréta qu’il fallait d’abord empêcher sa diffusion en milieu scolaire. Devançant la réalisation du film, les militants intégristes de la Catholic League avaient manifesté aux USA tout en s’en prenant aux athées et aux francs-maçons lors de multiples interviews. En 2006, le Mouvement de la jeunesse catholique de France prit la tête des actions contre le film Da Vinci Code accusé de semer la haine anti- catholique. Le M.J.C.F organisa une « veillée d’adoration pour protéger la foi » au Prieuré de Fabrègues intitulée : « Le Da Vinci Code est une fable malhonnête, une arme anti -chrétienne destinée à l’occidental déraciné et privé de connaissances religieuses. Une arme sournoise ». (4)

Une peu comme l’Agrif en France, la puissante Catholic League incite l’Eglise à être plus intransigeante et s’érige en défenseur unique de l’intérêt supposé des chrétiens.

Nathalie Szuchendler

jeudi 10 décembre 2009

 Article  Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/12/10/2240-blaspheme-catholic-league-v-s-association-de-defense-animale

La Halde met en cause une fédération de la Ligue de l’Enseignement pour harcèlement moral homophobe

03/12/2009

La Halde vient de rendre publique une délibération relative à des faits de harcèlement moral en raison de l’orientation sexuelle d’un salarié. La délibération a été adoptée le 14 septembre 2009 :

Embauché en 2002, le réclamant n’a fait l’objet d’aucun reproche de la part de sa hiérarchie jusqu’à ce qu’il annonce son homosexualité au cours d’un dîner en octobre 2006 en compagnie de son supérieur hiérarchique et de deux collègues de travail.

Suite à cette révélation, le réclamant a été victime de harcèlement moral puis a été licencié.

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Les conditions de travail et la situation professionnelle du réclamant se sont dégradées jusqu’à son licenciement le 10 avril 2007. Monsieur P conteste ce licenciement devant le Conseil de prud’hommes de L.

L’enquête de la HALDE a permis d’établir que la découverte de l’homosexualité de Monsieur P a été le fait déclencheur du harcèlement moral discriminatoire dont il a été victime à partir d’octobre 2006.

Les attitudes et les propos injurieux à caractère homophobe de la part de Monsieur M sont intervenus à plusieurs reprises, comme en attestent plusieurs salariés de la Fédération L.

…/…

L’article L. 1152-1 du Code du travail dispose qu’ « aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Selon l’article L. 1152-4 du Code du travail, l’employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral.

Compte tenu des missions de la Fédération L, le Collège de la haute autorité recommande à cette association de mettre en place un dispositif approprié de formation et de sensibilisation à destination de l’ensemble des salariés sur l’homophobie et le principe de non-discrimination, en y incluant un module de prévention de tout acte de harcèlement discriminatoire, et lui demande de rendre compte des mesures entreprises en ce sens dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente délibération.

Le Collège invite la Fédération L à diffuser à son Conseil d’administration la présente délibération.

Le Collège adresse, pour information, la présente délibération à la Direction départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de L, Inspection du Travail. »

Le réclamant avait été embauché en 2002 par une fédération dont l’extrait des statuts publiés par la Halde laisse deviner qu’il s’agit d’une fédération départementale de la Ligue de l’Enseignement. Bien noté par sa hiérarchie, le salarié a vu sa carrière progresser à un bon rythme, jusqu’au jour où, lors d’un dîner, en octobre 2006, il révèle son homosexualité à deux de ses collègues et à son directeur. Ses relations avec la hiérarchie vont alors se dégrader.
Dans les jours qui suivent ce dîner, le salarié est en effet convoqué par le directeur et la présidente de la fédération. Lors de cet entretien, les deux responsables mettent en garde le salarié avant son départ pour un séjour à Malte organisé par la junior association de la fédération, dont le référant se révélait avoir « une voix efféminée. » Le salarié se voit donc reprocher l’improvisation à la dernière minute d’un « séjour gay. » Pire, la présidente de la Fédération confie à la Halde avoir craint « pour la sécurité des enfants »…
S’ensuit une progressive dégradation des conditions de travail du salarié, qui doit subir insinuations et injures de la part de son directeur. Les courriers qu’il adresse pour se plaindre de ce harcèlement à la présidente de la Fédération restent sans réponse. Le 10 avril 2007, le salarié finit par être licencié.
Pour la Halde, « de tels agissements ainsi que les rumeurs de pédophilie ont eu pour effet de porter atteinte à la santé et à la dignité du réclamant, qui s’est vu prescrire plusieurs arrêts de travail du fait d’un état dépressif lié à son environnement professionnel. » Ils sont donc constitutifs d’un harcèlement moral tel que défini à l’article 1152-1 du code du travail. Pour mémoire, la Ligue de l’Enseignement est partenaire de la Journée mondiale contre l’homophobie…  

Source : http://www.infos-discriminations.fr/2009/12/la-halde-met-en-cause-une-federation-de-la-ligue-de-lenseignement-pour-harcelement-moral-homophobe/

Les rencontres de la laïcité, de l’égalité et de la mixité à Bruxelles

29/11/2009

Le 5 décembre à l’ULB 

Le 10 décembre 1948, les 58 états membres de l’Assemblée générale des Nations-Unies adoptaient la Déclaration universelle des droits de l’homme. 61 ans plus tard, la question de l’universalité est de plus en plus contestée. Entre les revendications des particularismes, les accusations d’instrumentalisation et de colonialisme déguisé et la volonté de protéger la dignité de tout être humain, la pensée contemporaine se trouve partagée entre l’affirmation de l’universalité des droits humains et le respect des différences culturelles.
Les rencontres Fraternité 2009 ! aborderont ces problématiques en proposant des analyses et des pistes d’action.

Le soir :
  La crise du multiculturalisme , par Caroline Fourest
  Dérives et instrumentalisation des droits des femmes , par Malka Marcovich
  Liberté d’expression : mosaïque du monde, mosaïque des idées , par Jean-Paul Marthoz
Modérateur : André Nayer, professeur à l’ULB

L’après-midi :
  Article 7 : Droit à la justice , par Boël Sambuc
  Article 16 : Droits sexuels et reproductifs , par Bahareh Dibadj et Michel Duponcelle
  Article 18 : Droits à la liberté de pensée, de conscience et de religion , par Anne-Marie Roviello et Zineb El Rhazoui
Modérateur : Emmanuel De Jonge, doctorant à l’ULB

Intervenants :

 Caroline Fourest, journaliste, chroniqueuse au Monde (France)
 Jean-Paul Marthoz, directeur éditorial d’Enjeux internationaux et de l’International Project on Human Rights
 Malka Marcovich, historienne (France)
 Boël Sambuc, ancienne Vice-Présidente de la Commission fédérale contre le racisme (Suisse)
 Michel Duponcelle, directeur de Tels Quels asbl
 Bahareh Dibadj, psychologue et sexologue
 Anne-Marie Roviello, professeur à l’ULB
 Zineb El Rhazoui, co-fondatrice du M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles)

Source : http://www.le-rappel.be/FR/spip.php